Absence

Absence
Son absence se fait de plus en plus lourde, chaque jour. Je ne sais supporter cela, je ne

sais le supporter correctement. Il est tout, pour moi. S'il n'est plus là, je n'ai plus rien. Il

n'est plus là. Sa présence est inexistante ; elle n'est que dans mon c½ur, mais mon c½ur

n'a rien changé. Tu as choisi, tu es parti. J'ai sacrifié tant de choses pour toi, toi de

même. Nous avons... Tout sacrifié. C'est toi, plus exactement, qui as tout sacrifié, pour

moi. Tu es mort pour que je vive ; tu m'as donné ton identité pour que je perde la

mienne. Aujourd'hui, je n'ai plus rien, car tu étais tout, pour moi ; aujourd'hui, je dois être

forte, forte, pour résister, résister face à cette absence constante, cette absence qui

n'aura pas de retour ; ton absence, m'en remettrai-je un jour ? Je le dois, je le sais. Car

tu t'es sacrifié pour moi. Je dois être forte, je ne dois pas mourir. On ne me recherche

plus, je le sais. Autour de moi, les gens sont contents de savoir que je suis sois-disant

morte, mais c'est toi qui est parti à ma place. Tu voulais que je vive, je vis. Mais sans

toi ; ça n'était pas mon but. Mon but, c'était nous deux. Nous deux était notre but

commun. Tu es désormais dans un monde, moi dans un autre. Nous sommes séparés par

la vie, par la mort. Nous nous rejoindrons un jour ; et quand ce jour viendra, aucune larme

ne coulera sur mes joues, les sourires seront toujours présents, sur nous deux. Nous

serons ensemble, ensemble à jamais, rien ne pourra nous en empêcher. Je dois vivre, tu

as tout donné pour moi, pour moi, pour moi... Comment vivre sans toi ? En t'oubliant ? Ou

en pensant chaque jour à chacun des moments passés ensemble ? Je me pose toujours la

question, je me la poserai toujours. Ca doit être pour cela, oui, que je vis, chaque jour,

endurant ton absence, absence si dure...
# Posté le lundi 10 juillet 2006 13:23
Modifié le dimanche 29 juillet 2007 04:09

Bip

Bip
Je suis allongée, je ne puis bouger. Une force invisible m'en empêche. Aucun de mes

membres ne m'obéis. Pourquoi ? Cela fait déjà un petit temps, que je suis comme cela.

Comment fais-je pour vivre ? Du moins, est-ce que je vis toujours ? La vie, n'est-ce pas

l'énergie, la découverte chaque jour ? Actuellement, je ne fais rien. Je me contente

d'attendre. Attendre, chaque jour... J'entends des bruits. On me parle. On me dit des

mots doux, que j'ai envie d'entendre. J'entends aussi ses pleurs, les pleurs de mon

compagnon, je les reconnais. Mon compagnon, mon compagnon... Ce mot me renvoie en

arrière. Si loin, si loin... Pourtant, ce moment est bel et bien présent. Il s'excuse.

S'excuser à propos de quoi ? Alcool. Il appuyait trop sur l'accélérateur. Beaucoup trop.

Qui aurait pu prévoir qu'à l'instant même où nous passions, un camion arriverai au

croisement de la route ? Le conducteur du camion est mort. Moi aussi, je mourrai.

Bientôt. Mon compagnon n'a peur que d'une chose ; la mort. Actuellement, mon

compagnon a peur. Dans combien de temps partirai-je ? Oh ! Je voudrai tant revoir, une

dernière fois, le Monde... Tout ce qui est et qui restera après mon départ sans retour. Je

n'ai rien changé au monde. Moi qui avait tant de projets ! J'ai tué une personne

innocente. Elle n'avait rien demandé. Moi non plus, je n'avais rien demandé. C'est mon

compagnon qui en a décidé ainsi.


Un bip régulier. Des secousses. Des pleurs. De l'agitation.


Un bip régulier. On essaie de me retenir.


Un bip irrégulier. Des cris. De l'agitation. Des secousses.


Plus de bip.
# Posté le mardi 11 juillet 2006 14:18
Modifié le dimanche 29 juillet 2007 04:09

Le Piège

Le Piège
Elle est différente des autres. Elle ne veut pas une vie stable. Elle veut avoir des

aventures, toujours. Elle enchaîne homme sur homme, sans jamais accorder plus

d'importance à l'un ou l'autre. Elle ne passe jamais deux nuits avec la même personne...

Ne l'insulte pas. Ne la traite pas. Respecte-la, car au moins a-t-elle du respect pour les

autres, ceux qui croient l'avoir, ceux qui sont tombés dans son piège... Comme toi. Elle te

tente, afin de savoir si tu aimes vraiment la personne avec qui tu vis. Tu es tombé dans

son piège... Elle te dit beaucoup de belles choses, toutes plus merveilleuses les unes que

les autres, toutes plus fausses les unes que les autres. Jamais elle n'a eu l'intention de

vivre avec toi. Jamais elle ne t'a aimé. Jamais elle, jamais elle... Elle ne pensait jamais ce

qu'elle disait. Tu es tombé dans son piège. Il s'est refermé sur toi. Tu as laissé tomber ta

compagne pour elle. Tu n'aurais pas dût. Comme tous les autres, tu as cru à ses fausses

promesses. Parce qu'elles avaient l'air plus belles que celles de ta compagne. Parce que

tu voulais y croire. Parce que cela semblait si parfait... Mais tu n'as aucune excuse. Elle

n'est pas bête. Elle voit si les hommes sont vraiment fidèles. Elle se fiche de toi. Tu l'as

cru différente, car oui, elle l'est, mais d'une certaine façon. Tu n'es qu'un homme de plus,

selon elle, un homme qui l'a cru, de plus. Qu'es-tu, pour elle ? Rien, rien, rien. Un visage,

qui lui importe peu. Qui ne lui importe rien. Essaie de te rattraper, auprès de ta

compagne. Mais, cela sera difficile. Elle sait désormais que tu es allé voir ailleurs. Elle sait

que tu ne l'aimes pas autant qu'elle ne le croyait. Sache que tu as eu ce que tu méritais.

Tu n'es qu'un de plus, pour elle, qu'un de plus. Tu croyais vivre le bonheur avec elle. Tu

croyais passer ta vie avec elle. Tu n'étais en fait qu'une personne de passage, pour elle.

Car... Elle t'oubliera.
# Posté le dimanche 30 juillet 2006 12:25
Modifié le dimanche 29 juillet 2007 04:09

Quoi ?

Quoi ?
Mon amour...
Quoi ?
Ce qu'il y a...
Est-ce négatif ?
N'est pas bon...
On t'a fait du mal ?
Je dois être forte...
Viens-tu sous mon aile ?
Je dois le faire...
Des paroles difficiles ?
Ne me blâme pas...
As-tu fait du mal ?
Je ne fais que m'exprimer...
Que penses-tu ?
Je n'ose le dire...
Est-ce si mauvais ?
Pardonne-moi...
Je te pardonne de ?
Mais maintenant...
À présent ?
Mon coeur parle...
Décharge-le de sa peine ?
Il faut le dire...
Parle donc ?
Je ne t'aime plus...
# Posté le jeudi 03 août 2006 19:35
Modifié le dimanche 29 juillet 2007 04:09

Il est trop tard

Il est trop tard
Et voilà qu'une nouvelle chose vient de s'achever. Une autre vient d'en naître. Hélas,

pauvre garçon, il est déjà trop tard. Tu pensais que cela pouvait attendre. C'aurait pu, il

est vrai. Mais au dernier moment, tout cela a été bouleversé. Désormais, dans l'hôpital, tu

avances d'un pas rapide. Lorsque tu peux, tu cours. Pour atteindre une certaine pièce.

Mais aussi pour éviter le regard des autres. Toutes les infirmières, les aides-soignantes,

et même certains malades. Qui ne connaît pas son histoire ? Celle de cette femme qui dû

faire un choix, de choisir entre la vie de son bébé ou de sa propre vie ? Qui finalement,

décida de sacrifier sa propre vie ? Nous la connaissons tous. En sueurs, tu cours,

regardant à droite, à gauche, si la porte apparaît...


Enfin tu la vois. Frappant premièrement, tu ne reçois aucune réponse. Tu entres. Et tu

découvres que l'on ne t'a pas menti. Elle est là. Sur ce lit, allongée, sans vie. Quelques

infirmières, assisent sur des chaises, l'entourent. Lorsque tu entres, elles ne relèvent pas

la tête. Elles savent qui arrive. Le seul en retard. Cela s'est joué à quelques minutes. Si

tu étais arrivé plus tôt, tu l'aurais vu encore vivante, tu l'aurais accompagné, tu lui aurais

parlé...


Bien sûr que tout le monde sait qui tu es. Même si c'est la première fois que tu entres

dans cet hôpital. Simplement car... elle est morte en parlant de toi. Elle a décrit chaque

partie de toi-même, tant que le temps le lui a permis. Selon elle, tu es comme un ange.

Tu es merveilleux, tu es cultivé, tu es aussi poète. Tu as composé un recueil pour lui

prouver une nouvelle fois ton amour. Elle avait ce recueil serré contre elle, lors de sa mort.


Elle a eu beau faire attendre les médecins, disant que tu allais bientôt arriver, il a bien

fallu que l'opération se fasse. Et qu'elle meure. Sans t'avoir vu une dernière fois. Tu as

beau pleurer, elle est morte sans toi. Tu es resté là des heures à pleurer. Les infirmières

t'avaient laissé seul avec elle. Et enfin, l'une d'elle vient te chercher. Elle t'amène là où se

trouvent tous les jeunes nés. Elle t'en désigne un et, prenant sa respiration, déclare :


«C'est votre enfant...»
# Posté le lundi 21 août 2006 16:30
Modifié le jeudi 08 mars 2007 06:30